Ancien arbitre de haut niveau et président de la commission scolaire à la Fédération Française de Rugby, André Peytavin est également un acteur essentiel de la réussite du CIFR. Interview.
- Pouvez-vous d’abord nous présenter votre rôle au CIFR ?
André Peytavin : Je dispose il est vrai de nombreuses casquettes et il est parfois compliqué de faire le tri. Je suis par exemple Président de la commission scolaire à la Fédération et responsable de la sélection junior alors qu’au niveau du CIFR, j’ai été nommé vice-président en charge du développement du rugby en général et plus particulièrement du développement scolaire. En réalité, en tant qu’inspecteur général de l’Education Nationale, cela fait une vingtaine d’années que je travaille en collaboration avec Jean-Louis Boujon (qui est aussi président de l’Union Nationale du Sport Scolaire) et nous sommes donc des complices de longue date.
- Vous êtes en charge des équipes scolaires mais pouvez-vous nous dresser un rapide bilan de la situation ?
André Peytavin : De par mon rôle, je suis en contact permanent avec l’USEP, l’UNSS et les différents organismes scolaires pour coordonner toutes les initiatives autour du rugby dans le milieu scolaire. Nous travaillons donc en collaboration avec les différents recteurs des académies car il existe de nombreux projets à l’image de « scolarugby » et « planète ovale » qui sont de magnifiques initiatives nationales pour faire connaître le rugby dans les écoles. Nous travaillons en ce moment avec l’UNSS sur la mise en place de sections sportives pour les classes de 4ème et de 3ème dans certains établissements. Il est d’ailleurs prévu que le comité prenne en charge l’ensemble des frais d’organisation pour ces rencontres départementales, interdépartementales, régionales voire interrégionales. Au niveau du CIFR, nous avons aussi créé depuis quatre ans une équipe technique régionale pour faciliter les partenariats avec le milieu scolaire et je coordonne ces activités avec Jean-Luc Pussacq, qui est en charge des filières de haut niveau, et Armand Perié qui s’occupe lui de la formation des cadres. Il faut dire aussi qu’avec les huit départements du comité - auxquels on ajoute l’Oise et la Champagne-Ardenne – nous disposons d’un territoire conséquent et d’une somme de travail tout aussi importante. D’un point de vue plus général, il existe aujourd’hui en France pas moins de dix pôles espoir rugby et cela constitue pour moi une grande fierté car c’est moi qui ait créé en 1974 le premier d’entres-eux, le pôle rugby du lycée Lakanal. Tout cela pour dire que nous avons tout de même de structures solides.
- Justement, vous revenez me semble-t-il de Nouvelle Calédonie ou la création d’un pôle espoir rugby avait été évoqué. Qu’en est-il ?
André Peytavin : Vous êtes bien renseigné ! (Rires) C’est vrai que je reviens de Nouvelle-Calédonie où j’ai réalisé un travail d’inspection et d’analyse pendant 15 jours. J’ai donc fait le tour de nombreux établissements avec monsieur MELET, vice-recteur de Nouvelle-Calédonie. Mon premier bilan est mitigé et comme je l’ai dit à Jean-Claude Skrela qui est en charge de la Direction Technique Nationale, il me semble qu’il est encore trop tôt pour créer un pôle espoir rugby outre-mer. Nous avons donc signé un accord avec le rectorat pour qu’une option rugby soit instaurée dès la rentrée prochaine, soit en février prochain, afin que les élèves qui le souhaitent puissent pratiquer le rugby 3 heures par semaine que ce soit en seconde, première ou terminale. Coefficient deux au baccalauréat, cette option est une belle étape car cela permet d’abord aux parents des élèves de prendre conscience des facultés de leurs enfants et cela nous permet également de repérer les éléments les plus performants. Nous travaillons d’ailleurs pour faire venir ces derniers en métropole car nous n’oublions pas par exemple que la Nouvelle-Zélande reste à seulement deux heures trente d’avion de Wallis et Futuna et il n’est pas rare de voir ces jeunes joueurs tenter l’aventure néo-zélandaise.
- En tant qu’ancien arbitre de haut niveau, quel regard portez-vous sur les problèmes que rencontre l’arbitrage et notamment la difficulté de fidéliser les jeunes arbitres ?
André Peytavin : sur l’aspect quantitatif, il est vrai que notre comité manque d’arbitres pour couvrir tous les matches mais nous ne sommes pas en déficit d’arbitre de qualité. Sur ce point, le travail réalisé par Jean-Louis Boujon depuis quelques années est très efficace. Je pense par exemple à des pratiques instaurées via l’UNSS qui permettent aux jeunes d’arbitrer à deux. Un arbitre est en charge du jeu des avants et des fautes autour des regroupements quand l’autre dispose d’une vision plus globale pour sanctionner les fautes d’anti-jeu ou les hors-jeux. C’est un système que je trouve très intéressant et qui fait ses preuves. Nous allons d’ailleurs réunir prochainement une centaine de jeunes arbitres au Centre national de rugby à Marcoussis et ce sera à coup sûr une belle journée d’échanges et de convivialité autour du rugby. Je pense par exemple qu’il est important de fidéliser ces jeunes et nous devons leur donner la possibilité d’avoir des équivalences pour pouvoir arbitrer au niveau des comités territoriaux. J’estime à ce sujet que René Hourquet et Joel Dumé effectuent un très bon travail à la Fédération avec par exemple l’affiliation de deux-trois jeunes arbitres dans chacun des dix pôles espoirs rugby. Ces derniers disposent d’une formation poussée et nous n’avons jamais eu autant de jeunes arbitres de qualité qui évoluent en ProD2 voire en Top 14 !
- Enfin, la réélection de Jean-Louis Boujon au CIFR est une belle reconnaissance de sa politique. Quelles sont selon vous les priorités du CIFR pour ce nouveau mandat ?
André Peytavin : La réélection de la liste de Jean-Louis Boujon est évidemment un signe fort de stabilité et de confiance. Mais le CIFR ne doit pas en rester là et d’ailleurs, Jean-Louis Boujon l’a bien compris en faisant appel à de nouveaux visages pour ce nouveau mandat et en insufflant une nouvelle orientation et une nouvelle dynamique en s’appuyant sur des jeunes dirigeants.
Personnellement, je pense que la grande réussite de la politique du CIFR est d’avoir responsabilisé les comités départementaux. La nomination d’un Conseiller Technique Régional dans chacun des départements est un signe fort du développement local du rugby et nous devons donc continuer dans ce sens. Nous disposons de structures solides et il nous faut maintenant renforcer la formation de nos éducateurs. C’est d’ailleurs le sens du travail d’Armand Perié qui collabore avec la Direction Technique nationale pour réformer les brevets d’Etats.
En tant qu’interlocuteur privilégié sur la scène régionale, le comité doit également mettre l’accent sur le développement de partenariats tant au niveau des collectivités locales que territoriales. Le rugby dispose depuis quelques années d’une image très positive et nous devons nous appuyer sur ses grandes valeurs pour débloquer des fonds supplémentaires et ainsi améliorer notre fonctionnement et multiplier nos initiatives.
Et puis le CIFR entend réellement renforcer et soutenir sa politique de formation de haut niveau. Les pôles espoir rugby constituent un véritable progrès mais il est anormal de constater que le rugby francilien ne peut s’appuyer que sur la filière du lycée Lakanal. A l’image des Lamboley, Millo-Chulsky et autre Betsen qui ont migré vers des clubs du Sud-ouest, le potentiel est très important en Ile de France et les écoles de rugby sont de qualité. Massy, Bobigny ou Gennevilliers sont des exemples parmi tant d’autres et nous devons faire en sorte de créer un ou deux pôles supplémentaires afin de pouvoir garder nos meilleurs éléments en région parisienne. Ces centres de perfectionnement devront rester accessibles au plus grand nombre, à ceux qui ont des moyens limités et ainsi ne pas se focaliser uniquement sur les bulletins scolaires. A nous de profiter de cette incroyable dynamique pour renforcer le rayonnement du rugby francilien !
Personnalité incontournable du rugby francilien, Armand Perié est heureux de l’évolution de l’ovalie en Ile de France même si le président du Comité départemental de rugby des Yvelines est conscient du travail à réaliser.
- Présentez-nous en quelques mots votre parcours rugby ?
Armand Perie : Je suis originaire du Sud-Ouest et de Montauban. Je suis arrivé en 1961 en Seine-et-Oise, aujourd’hui les Yvelines, en qualité d’enseignant d’éducation physique et sportive, travail que j’ai exercé jusqu’en 2000. J’ai également été maître formateur à l’Institut Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM) de Saint-Germain pendant de longues années. Côté rugby, j’ai joué au club de Plaisir jusqu’en 1965 mais malheureusement une blessure au genou a écourté ma carrière de joueur. Je me suis alors tourné vers le rôle d’éducateur et j’ai franchit les étapes. J’ai par exemple été entraîneur fédéral puis président du club avant d’entrer au comité des Yvelines en 1968. Comité que je n’ai jamais abandonné puisque j’en suis le président aujourd’hui ! Je suis aussi membre du CIFR depuis pas mal d’années et j’y ai exercé de nombreuses missions comme être en charge des sélections de jeunes.
- A l’image de votre réélection au Comité départemental des Yvelines le 4 octobre dernier, le succès de la liste de Jean-Louis Boujon au CIFR est un signe fort de la réussite de sa politique francilienne. Qu’en pensez-vous ?
Armand Perie : Si il y a cette continuation, c’est qu’il y a eu du bon travail de fait. Les différentes politiques de formation et de sélection portent leur fruit et le CIFR continue son expansion depuis quelques années. Nous sommes notamment passés de 25 000 à 35 000 licenciés et il y a une évolution sensible des actions et des mentalités avec une certaine autonomie laissée aux comités départementaux. Je crois que c’est cela a réellement contribué à élever le niveau du rugby francilien.
- Justement, qu’est-ce qui a changé par exemple au comité des Yvelines ?
Armand Perie : Nous nous sommes simplement structurés ou « professionnalisés » dans le bon sens du terme. Cette décentralisation des responsabilités nous permet par exemple de réaliser des actions concrètes et plus adaptées tant en matière de communication, d’aide ou d’accompagnement. A l’image de notre siège à Elancourt et des trois professionnels qu’emploie le comité des Yvelines, nous disposons de plus de moyens, d’infrastructures et de terrain. Elancourt est ainsi un lieu de rencontre et d’échange important pour les clubs. Il y a là une progression formidable qu’il faut continuer. Nous nous retrouvons d’ailleurs chaque mois avec les différents présidents des comités départementaux pour échanger et communiquer autour de nos actions.
- Quelles sont selon vous les priorités pour les Yvelines ?
Armand Perie : Le comité compte 8 000 licenciés et nous pouvons encore progresser. Nous devons évidemment accompagner les clubs dans leur évolution mais je pense que notre priorité reste le travail de formation. On vient par exemple de créer deux écoles de rugby dans les clubs d’Epône et de Montfort l’Amaury. Nous multiplions aussi les initiatives auprès des jeunes comme Scolarugby, Planète Ovale ou encore les stages rugby vacances pour pénétrer les milieux scolaires, les cité et faire découvrir le rugby et ses valeurs. Les jeunes restent l’avenir du rugby.
- De même, quelles sont les priorités du CIFR ?
Armand Perie : Le CIFR est un organisme de centralisation et de directives. Il se doit donc d’insuffler une orientation pour que nous, les départements, puissions progresser et évoluer ensemble. Le CIFR ne peut pas tout faire et ce sont bien les comités départementaux qui restent sur le terrain, à l’écoute du club qui reste l’élément fondateur du rugby. Il faut en tout cas continuer à responsabiliser les comités départementaux. Je pense par exemple que nous devrions pouvoir éditer nous-mêmes les licences/ assurances pour éviter ces allers-retours incessants en début de saison.
Pour plus d’informations, http://www.cdrugbyvelines.com/index.php
Aujourd’hui reconnu comme l’une des forces vives du championnat des clubs du samedi, le Paris Olympique Rugby Club entend bien poursuivre sa progression comme nous le confirme son président José Machado.
- Quelles sont les spécificités du Paris Olympique Rugby Club ?
José Machado : Le PORC a été fondé en 1986 sur la montagne Sainte-Geneviève à Paris par des élèves de l’Ecole de Physique et de Chimie Industrielles de Paris (ESPCI-Paristech) et de l’Ecole Normale Supérieure qui voulaient pratiquer le rugby en loisirs. Le club évolue dans le championnat des clubs du samedi qui s’appelait auparavant le championnat corpo et la grande particularité du club est de conserver cette forte identité universitaire qui le caractérisait dès ses débuts. Aujourd’hui, le PORC, c’est 5 équipes : deux équipes séniors engagées en clubs du samedi, une 3ème équipe en construction, une équipe féminine universitaire et une équipe masculine universitaire qui représentent l’avenir de notre club. C’est un peu notre école de rugby à nous pour des gens qui ont entre 19 et 22 ans qui découvrent le rugby.
- Quelles sont selon vous les principales difficultés rencontrées par votre club ?
José Machado : Les difficultés majeures que nous rencontrons sont vraiment spécifiques aux clubs parisiens comme par exemple le cruel manque de terrain ou d’infrastructures. Je pense d’ailleurs que la multiplication de terrains synthétiques sur l’initiative de la Mairie de Paris et du Comité de Paris est une très bonne chose. Nous avons également des difficultés d’ordre logistiques puisque nous ne disposons pas de locaux en propre. Notre siège social n’a pas vocation d’être un lieu de rencontre type 3ème mi-temps puisque ce sont des locaux d’enseignement et de recherche. Cependant la Régie ESPCI de la ville dont nous dépendons nous mets assez souvent, sur notre demande des amphis ou des salles pour des réunions de travail. C’est ainsi que depuis 2 ans, nous pouvons accueillir les formations LCA du comité de Paris. Nous n’avons pas de gros besoins ni même de grosses ambitions donc nous arrivons à se satisfaire de ce que l’on fait.
De par la nature de notre club, un joueur qui approche les 27-28 ans est considéré comme un ancien. Pourtant il n’a ni l’expertise, ni la disponibilité d’un bénévole capable de gérer les problèmes de licences, d’affiliations et d’échanges avec le Comité ou la Fédération. La grande particularité du PORC est aussi d’être un E-club. J’entends par là que tout notre fonctionnement s’articule par voie dématérialisée grâce à internet. Notre principal lieu de vie est la toile et je vois d’ailleurs d’un très bon œil l’idée de l’instauration d’une licence électronique qui faciliterait beaucoup les choses. C’est évidemment vrai par rapport à notre organisation mais cela l’est tout autant pour des sélections de jeunes ou de séniors. On ne perdrait pas de temps à chercher des licences (etc…).
- Que manque-t-il donc au PORC aujourd’hui ?
José Machado : L’important est de ne pas oublier nos valeurs et là d’où on vient. Les résultats sur le terrain sont importants car ils facilitent ou non les choses mais le PORC doit avant tout garder cette âme et cet esprit universitaire. Disposer de notre club house serait par exemple magnifique mais je sais que l’on partage cette difficulté avec la majorité des clubs parisiens donc c’est compliqué. Aujourd’hui, nous avons entre 100 et 120 licences séniors pour 60 licences universitaires et le PORC a vraiment trouvé sa place dans le rugby parisien. Mais l’équilibre est fragile comme le confirme notre unique unité de lieu et de temps de rassemblement sportif, notre entraînement hebdomadaire au stade Max Roussié.
- Le PORC a soufflé ses 20 bougies en 2007, les résultats sportifs s’améliorent d’année en année. Comment expliquez cette réussite exponentielle ?
José Machado : On a eu beaucoup de chances ces dernières années et je me rappelle qu’en 1998 quand je suis arrivé au club, nous éprouvions les pires difficultés pour être 15 le samedi ! De fil en aiguille, nous avons réussi un effet d’entraînement qui n’est pas spontané et qui se travaille : créer des animations, aller chercher les gens dans les amphithéâtres, dans les laboratoires de recherche pour leur expliquer que le PORC a été construit par leurs aînés pour eux et qu’ils doivent prendre le flambeau. C’est une idée qui est très bien partagée et c’est pour cela que le club fonctionne.
A côté de cela, il existe véritablement un noyau dur tant dans les joueurs que dans les dirigeants et nous avons été champions Ile de France des grandes écoles en 2001 et 2003. Ce noyau a vieilli, il a pris de l’expérience et il encadre maintenant les jeunes qui nous ont rejoins. On a eu une génération spontanée et la chance ou le hasard des concours nationaux nous ont servi. L’amalgame entre provinciaux (toulousains, bretons…) et parisiens s’est rapidement fait et les résultats ont suivi ! Nous avons capitalisé sur les succès comme confirme nos montées successives de 3ème à 1ère division des clubs du samedi entre 2004 et 2006.
- Enfin, qu’attendez-vous du CIFR ?
José Machado : Là, c’est la question difficile ! (Rires). Pour la plupart des gens du club, le CIFR est quelque chose d’abstrait. On ne connaît pas vraiment son rôle ni à quoi il sert. Et puis quand on commence à prendre des responsabilités et à mettre les mains dans le cambouis, on se rend compte que le CIFR a un rôle capital de gestion et d’organisation de la vie sportive et administrative. Cela fait dix ans que je suis dirigeant et j’ai vu une évolution très positive. Le CIFR se met de plus en plus au service des clubs mais il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. Après, c’est vrai que tout fonctionne sur des réseaux de bénévoles et cela a ses avantages et ses limites.
Le PORC se sent très proche des gens qui animent la commission des clubs du samedi et du Comité Départemental qui est vraiment notre organe de proximité mais le CIFR reste pour sa part inaccessible à l’image du ministère des finances d’ailleurs (rires). Le temps de réactivité d’un vœu est par exemple de deux ans entre le moment ou on le dépose, le moment où il est examiné et l’éventuelle mise en application… Les délais sont donc bien trop importants et à ce rythme, il est difficile de coller aux besoins du moment. J’ai un exemple concret avec les joueurs étrangers.
L’Assemblée Générale de la Fédération a voté un texte qui s’apparente un peu à un impôt à la mobilité européenne. On a dans notre club des joueurs qui font des études, parfois brillantes, et qui peuvent être amenés à voyager à l’étranger. Ils sont alors accueillis à bras ouvert par les clubs des universités qu’ils rejoignent, notamment via le programme Erasmus, en Europe. Quelques années plus tard, cette stupide règle (votée pour répondre à une problématique de Fédérale une -le statut du joueur de F1 a depuis évolué-) nous empêche simplement d’accueillir les étudiants en échange, comme nous l’avons été. On est loin de l’hospitalité française, et de l’esprit même du rugby. Cette loi a peut-être un sens en championnat fédéral mais elle à mon avis aucun sens en championnat corpo ou en séries et on est obligé de dire aux jeunes étrangers qui arrivent : soit tu payes ta licence 400 € (ou 120 € s’il est assuré social) soit tu payes une amende forfaitaire de 1 000 € parce que tu es étranger. On est loin de la fameuse mobilité européenne !
Pour résumer, je dirais que d’une manière générale, les demandes des clubs sont entendues mais la mise en application est beaucoup trop longue à cause de cette hiérarchie ou de cette préséance à respecter…C’est en tout cas un cas concret sur lequel la proximité du CIFR au niveau des clubs devient un éloignement terrible.
Retenons tout de même les points positifs du CIFR, qui fait tout de même tourner le plus grand comité de France, par ses clubs, ses licenciés, ses formes de jeu et qui a réussit remarquablement l’organisation de France 2007 sur son territoire.
J’attends du CIFR d’être un puissant organe de lobbying politique auprès des collectivités locales car sa parole pèse bien plus lourd que la parole d’un club et c’est aussi son rôle dans les décisions d’investissements tels que pour les terrains synthétiques par exemple.
Pour en savoir plus sur le PORC, visitez le site du club !
Réélu en septembre dernier à la tête du comité départemental de rugby du Val de Marne, Christian Rodrigo est confiant dans l’avenir du rugby francilien. Interview.
- Présentez-nous en quelques mots votre parcours rugby jusqu’à aujourd’hui ?
Christian Rodrigo : Cela risque d’être un peu long ! (Rires). J’ai commencé ma carrière dans la marine nationale et qui dit marine, dit la Rade et Toulon. J’ai donc débuté le rugby à Toulon dans les années 60 avant de monter à Choisy-le-Roi en 1973. Le club est ensuite devenu le Creteil-Choisy en 1992 et j’y ai été joueur, éducateur, trésorier puis président en 1994. J’ai ensuite été élu président du comité départemental du Val de Marne en 2004 avant d’être réélu en septembre dernier et parallèlement, je suis membre du CIFR et président de la commission des règlements.
- Le succès de la liste de Jean-Louis Boujon aux élections franciliennes est un signe fort de confiance en sa politique. Qu’en pensez-vous ?
Christian Rodrigo : Il est évident que cette réélection conforte un peu plus la politique de Jean-Louis Boujon et de son équipe. Il est important d’ailleurs de conserver une certaine stabilité car nous savons déjà tous sur quels points travailler pour améliorer notre service aux clubs. Et puis Jean-Louis est quelqu’un d’intelligent, il sait s’entourer de personnes compétentes et il a su trouver de nouvelles personnalités pour accentuer le rayonnement du CIFR.
- Revenons au comité du Val de Marne. Quelles sont vos priorités pour votre département ?
Christian Rodrigo : Mon travail est d’accompagner les 14 clubs du département dans leur évolution et de les amener progressivement vers le haut niveau. Le plus important est donc leur stabilité et je dois veiller à ce que chacun d’entres-eux soit pérenne. Il y a donc un certain nombre d’actions à mener parmi lesquelles lutter contre la migration de jeunes joueurs vers des grands clubs ou développer le rugby féminin qui est en souffrance dans le département.
Nous devons aussi axer notre travail sur la formation des bénévoles car j’aimerais que toutes les catégories soient représentées dans nos clubs, des poussins aux féminines. A côté, le comité doit également trouver de nouveaux partenariats en dehors des instances publiques car il nous faut développer de nouvelles actions pour le rugby.
- Fresnes, Vincennes, Créteil sans oublier les Boucles de la Marne… Votre département possède un fort potentiel humain. Comment réussir à faire fructifier ces résultats ?
Christian Rodrigo : Avec deux clubs en fédérale 2 et un en fédérale 3, le Val de Marne démontre qu’il peut évoluer au plus haut niveau. Mon ambition est que tous nos clubs évoluent au minimum en fédérale 3 mais c’est un projet structurel et c’est pour cela que nous devons aider nos clubs pour nous appuyer sur une base solide. Des actions d’initiations régulières sont mises en place dans les écoles et les collèges et nous devons nous concentrer sur la formation des éducateurs pour répondre au mieux à cette demande capitale.
- Plus généralement, quelles sont selon vous les priorités du CIFR ?
Christian Rodrigo : Le programme de Jean-Louis Boujon est un programme solide et visionnaire et c’est pour cela que j’y ai adhéré. Il faut accentuer le rayonnement du CIFR en améliorant son organisation et sa communication. Quand je parle de communication, c’est un problème typiquement francilien et chacun est axé sur son microcosme. Il faut au contraire s’ouvrir sur l’extérieur et que les clubs échangent beaucoup plus entres-eux ou avec le comité. Les grands événements du rugby francilien comme les finales fédérales ou les rassemblements de jeunes doivent être connus de tous. Les changements sont en marche et je dirais pour simplifier qu’il nous faut juste mettre de l’huile dans les rouages du CIFR.
Réélu à la tête du Comité d’Ile de France pour les quatre prochaines saisons, Jean-Louis BOUJON dresse les objectifs du Comité francilien et de ses dix départements.
Dans quel état d’esprit vous êtes-vous représenté à l’élection du Comité d’Ile de France ?
Jean-Louis BOUJON : Je me suis représenté avec l’envie de faire progresser ce Comité important vers plus de professionnalité. Nous devons surtout accentuer une ouverture vers les clubs afin de répondre à leurs attentes et dans le même temps exercer l’autorité qui incombe à un Comité Territorial.
Quels sont vos objectifs pour les quatre prochaines années ?
Jean-Louis BOUJON : Nous voulons continuer notre augmentation du nombre de licenciés en l’associant à une progression qualitative touchant à l’encadrement des clubs. Il faut mettre l’accent sur la formation des éducateurs mais également des médecins avec la création d’un véritable réseau francilien. En corollaire, nous devrons augmenter notre potentiel d’arbitres pour satisfaire à l’augmentation quantitative des équipes et des matches. Du côté du Comité Territorial, il faut que nous ayons une lecture exacte de ce que nous souhaitons avec beaucoup de dynamisme et d’échanges en interne. C’est pour cela que nous allons créer plusieurs pôles : un pôle stratégique décidera du cap à tenir en regard de notre projet. Le pôle performance, avec comme objectif la recherche des meilleurs résultats par toutes les sélections d’Ile de France. Le pôle compétition, par excellence celui des clubs et qui intégrera les arbitres et couvrira l’ensemble des compétitions des plus jeunes au plus anciens y compris les féminines. Un Pôle formation dans lequel on retrouve les LCA, les éducateurs, les dirigeants, la sécurité, l’Académie des Premières lignes et enfin le pôle développement qui touche à toutes les relations institutionnelles avec les scolaires, les universitaires, les milieux sensibles, les filières de haut niveau. Nous aurons également deux innovations : le pôle régalien qui statuera sur le respect du règlement, des textes et des décisions prises par les bureaux et le comité directeur du CIFR, et le pôle valorisation et évènement pour la mise en valeur des remises de tel challenge, l’organisation de telle manifestation. Autour de ces pôles, nous avons quatre axes particuliers :
1/ Le collège des présidents de comités départementaux qui devra élaborer une convention entre les CD et le CIFR.
2/ Un collège technique, avec tous les cadres techniques, les CRT nommés par la FFR, chargé de créer un réseau d’éducateur et d’entraîneurs
3/ Le réseau des médecins à partir de chaque département jusqu’au niveau du territoire
4/ Une cellule de veille des clubs pour les suivre en permanence.
Nous voulons restructurer fonctionnellement le comité sur des thèmes bien identifiés pour que tous ceux qui se trouvent dans les pôles puissent échanger en permanence.
Avez-vous un objectif particulier dans la représentativité de vos clubs dans les divisions fédérales ?
Jean-Louis BOUJON : Il faut que chaque département ait sa résonnance de haut niveau. Nous avons tout de même 10 départements en Ile de France et il ne faut pas que nous ayons de déséquilibre quelque soit la division fédérale. Il faut que dans nos départements, nous puissions avoir un véritable réseau pyramidal entre le club de tête et ceux des niveaux inférieurs comme nous avons commencé à le voir avec Massy dans l’Essonne, Bobigny en Seine Saint Denis ou Domont dans le Val d’Oise. Cela demande une modification des comportements mais il ne faut pas tarder à le faire.
Pensez-vous qu’il y a un avant et un après Coupe du monde dans la gestion de votre Comité ?
Jean-Louis BOUJON : L’avant Coupe du monde était déjà bien chargé en termes de gestion, l’après Coupe du monde nous a permis de voir l’impact au travers des effectifs et de la reconnaissance par les partenaires extérieurs. Il y a une attente incroyable pour la consolidation de cet impact. Pour cela, il faut que nous soyons plus prêts des clubs en introduisant des systèmes de formation pour l’entourage de ces clubs sinon, nous n’arriverons pas à montrer la vitalité du rugby à l’extérieur
Soucieux des pratiques des clubs de haut niveau dans le recrutement des jeunes joueurs et des indemnités de mutation, Christian Mazurek n’a pas hésité à s’exprimer dans la rubrique « en attendant le raffut » de notre blog. Et c’est tout logiquement que Jean-Louis Boujon a souhaité répondre à cette question fondamentale.
« La question de la reconnaissance du travail de tous les clubs, petits et grands, dans la formation des joueurs doit être reconnue par un dispositif réglementaire. C’est pourquoi, nous devons dès à présent préparer un règlement prenant en compte la formation du club dès son origine afin qu’un jeune disposant des qualités nécessaires pour jouer au plus haut niveau puisse rejoindre un grand club sans que son cursus de formation soit gommé. J’en fait une question de principe, de respect du jeune, de respect du club et de ses éducateurs. Ainsi l’investissement du club ayant détecté et formé le joueur en question devra être recouvert par une juste indemnisation. »
L’assemblée élective du Comité Ile de France de Rugby organisée au Creps de Châtenay-Malabry le 11 octobre dernier a remporté un franc succès en rassemblant près de 85% des représentants des licenciés franciliens. 138 clubs sur les 174 du comité ont pris part au vote et la liste présentée par Jean-Louis Boujon a obtenu 95% des suffrages.
Le nouveau président du CIFR se voit donc reconduit dans ses fonctions avec son programme ambitieux et novateur intitulé « Ensemble pour gagner en équipe ». Reste désormais à Jean-Louis Boujon de peaufiner et de composer ses différentes équipes afin de profiter de toutes les forces vives du rugby francilien et ainsi mener à bien son programme.
Responsable de la commission médicale du CIFR et passionné d’ovalie, Patrick Hugeux porte un regard lucide et avisé sur le rugby d’aujourd’hui. Interview.
- Présentez-nous d’abord en quelques mots votre parcours ?
Patrick Hugeux : Après avoir fait mes armes scolaires et sportives à Agen, j’ai rejoint Lyon pour y effectuer mes études médicales et me spécialiser en traumatologie du sport. J’ai été licencié au LOU, puis à Bourg-en-Bresse avant un bref passage à Paris où j’ai notamment joué au PUC aux côtés de Bernard Lapasset. Par la suite affecté à l’Hopital d’Instruction des Armées Percy à Clamart en 1980, j’ai intégré le club local ou j’ai été joueur, entraîneur, dirigeant puis président à plusieurs reprises. Au plan professionnel, tout en continuant de pratiquer la médecine du sport, je devenais spécialiste en rééducation et réadaptation fonctionnelle et chef de service dans le dit hôpital avant de revenir à l’Institut National des Invalides à compter de 2002. Depuis 4 mois, je profite de mon statut de retraité… Enfin, je suis aussi responsable de la commission médicale du CIFR depuis plusieurs années.
- Quels sont selon vous les accidents les plus fréquents au rugby ?
Patrick Hugeux : Je pense qu’il faut distinguer deux contextes différents. Il y a d’une part les accidents reconnus pendant la pratique et de l’autre la microtraumatologie répétitive, insidieuse et entraînant à la longue des pathologies chroniques progressivement handicapantes. Avec l’évolution du rugby et l’accent mis aujourd’hui sur l’impact physique, les traumatismes se sont multipliés au niveau ostéo-articulaire : épaules, genoux et colonne vertébrale en particulier. Ils existaient déjà avant mais ils se sont intensifiés en quantité et en gravité. Mais je pense que le plus inquiétant, surtout au haut niveau, sera d’évaluer à moyen terme les conséquences de cette traumatologie qui induira inéluctablement des handicaps précoces comme des arthroses sévères du genou ou du rachis (cervical surtout) chez les jeunes. Le rugby va générer des « vilains vieux » et il y a là une question essentielle à se poser notamment pour les joueurs professionnels. Que faire pour préserver l’intégrité physique sur le long cours ?
- Ce rugby porté vers le physique inquiète de nombreux parents. Y-a-t-il un âge préférentiel pour commencer le rugby ?
Patrick Hugeux : Il n’y a pas de réponse univoque. Toutefois, il apparaît que les apprentissages techniques spécifiques au rugby peuvent être différés sans conséquences majeures. J’entends par là qu’il n’est pas rare de voir des joueurs débuter le rugby tardivement et devenir très performants. La plupart des gestes techniques sont plus faciles à maîtriser que ceux du football par exemple et bon nombre d’anciens footballeurs démontrent assez rapidement et spontanément de belles qualités sur un terrain de rugby. Je pense donc que les autres sports collectifs de ballon peuvent inaugurer avec bonheur l’éducation sportive d’un enfant. La grande spécificité du rugby est la dimension totalement incontournable donnée au contact physique (avec le sol et avec l’adversaire). C’est « naturellement effrayant » pour l’enfant et pour les parents. Pour ma part, je trouve inutile voire nocif d’initier précocément un enfant au rugby si cette approche est mal vécue . Il me semble plus judicieux d’associer préalablement l’apprentissage de deux disciplines complémentaires, comme le judo et le football par exemple, pour maitriser les notions de combat individuel , de chute et de réception , de contrôle des appuis , de coordination motrice. La seule vérité est de ne pas forcer un enfant à pratiquer le rugby trop tôt et contre son gré. Il y viendra spontanément dans un deuxième temps si sa motivation est réelle, et alors dans les meilleures conditions.
- Quelles évolutions simples pourraient selon vous améliorer la sécurité des joueurs ?
Patrick Hugeux : Je crois que l’on a tout exploré au niveau des protections aujourd’hui. La généralisation des protège-dents et la multiplication des protections des épaules sont une bonne chose et nous pouvons difficilement faire plus, sous peine de ressembler au football américain et de perdre notre identité. De même, d’énormes progrès ont été faits en mêlée où les accidents graves se font rares. Je pense qu’on peut encore et toujours renforcer la prévention sur les terrains en associant amélioration de la technique individuelle et collective, aménagement réglementaire des phases de jeu à risque, et rigueur du corps arbitral. A ce jour, il me semble par exemple que deux phases restent potentiellement dangereuses, les rucks (anarchie du jeu au sol, déblayages) et les plaquages (plaquages hauts, deux plaqueurs pour un plaqué). Une réflexion de prévention mériterait d’être renforcée sur ces deux sujets. Enfin, l’avis du corps médical (j’entends par là médecins et collaborateurs masseurs-kinésithérapeutes en particulier) est essentiel pour valider la reprise sportive après blessure.
- Qu’attendez-vous du CIFR ?
Patrick Hugeux : Il me parait capital de comprendre la spécificité francilienne avec ses complexités géographique, logistique et sociologique. Cette situation incontournable a des conséquences à la fois négatives, comme les difficultés de communication ou de disponibilité des terrains de jeu, mais aussi positives, comme la richesse quantitative et qualitative des ressources humaines.
Au plan des stratégies générales, ce constat nécessite de déléguer avec confiance mais aussi fermeté et à ce titre, le rôle des comités départementaux est fondamental.
Dés lors, le CIFR a pour mission d’harmoniser les actions et sécuriser en priorité les clubs qui participent activement au développement du rugby dans le respect de ses fondamentaux éthiques : formation ; éducation civique et socialisation ; esprit sportif et maitrise de la violence ; éducation sanitaire aussi en sensibilisant les pratiquants (les plus jeunes en particulier) aux méfaits des conduites addictives ou de l’obésité par exemple. Tous les dirigeants et éducateurs doivent ainsi exercer la plus grande vigilance devant le risque représenté par le dopage, tentation forte induite par le « résultat à tout prix » et l’évolution de la densité physique actuellement prônée dans notre discipline. Le CIFR, comme les autres comités, doit y être très attentif et une forte politique de prévention est indispensable.
Dans le même ordre d’idées, il est important de conserver au rugby la notion de jeu pour contrebalancer cet esprit de compétition croissant. Chez les jeunes comme chez les nouveaux licenciés, il faut sans doute initialement privilégier le rugby d’évitement et le jeu de passes sans occulter bien évidemment le rugby de contact.
Les membres du CIFR doivent aussi continuer à prendre conscience d’une évolution inquiétante, à savoir l’appauvrissement du nombre de dirigeants disponibles et formés aux contraintes administratives et financières de plus en plus lourdes dans la gestion des clubs. Beaucoup de clubs sont devenus des petites entreprises et j’estime que le bénévolat traditionnel atteint peu à peu ses limites. Le CIFR se doit d’aider les clubs à se structurer et encourager les dirigeants les plus méritants.
Enfin, mais ceci est une évidence, une mission essentielle demeure la formation quantitative et qualitative des arbitres, « corps » si souvent maltraité, et dont l’action polyvalente est capitale pour l’équilibre de notre discipline.
Pour conclure, je ne peux m’empêcher d’évoquer le grave problème de l’intrusion massive des joueurs étrangers dans les effectifs des clubs français, aussi brillants et médiatiques soient- ils. Bien évidemment, je dis cela sans aucune arrière-pensée d’ostracisme, mais éluder ce « dossier » témoignerait d’une faiblesse coupable. Bien évidemment aussi, ce défi dépasse largement le cadre des responsabilités d’un comité territorial … qui peut tout au plus soutenir l’action des clubs formateurs de son environnement. Ethique à suivre … voire plus, pour le bien-être de l’Ovalie de France.
Déterminé et volontaire à l’image du club qu’il a fondé, Daniel Domergue ne manque pas d’idées et d’énergie pour développer les Boucles de la Marne. Rencontre avec un Président passionné.
- En quelques mots, quelles sont les spécificités des Boucles de la Marne ?
Daniel Domergue : Les Boucles de la Marne ont comme particularité d’être le fruit d’un projet intercommunal car cela nous paraissait bien plus évident pour l’élaboration du budget, tant pour attirer un maximum de joueurs qu’au niveau sponsoring. Plutôt que de s’appuyer sur des commerces locaux, il est plus intéressant de solliciter une franchise présente sur plusieurs villes comme les grandes surfaces par exemple. Nous avons donc fondé le club grâce aux soutiens de Le Perreux sur Marne, Nogent sur Marne, Bry sur Marne et Joinville le Pont. Sans oublier que Fontenay Sous Bois nous a également rejoins en 2007.
- Le club a été créé en 2003. Dans quel but précisément ?
Daniel Domergue : L’idée de ce projet est née à l’origine de la rencontre de plusieurs joueurs un peu aigris, et ayant envie d’une « aventure compétition ». Nous avons eu la volonté de monter un projet neuf avec un état d’esprit innovant et une nouvelle façon de faire. L’ambition était de créer un club compétitif pour s’inscrire dans la durée et dans le paysage du rugby francilien. Pour cela, il nous fallait une approche rigoureuse, presque « semi-professionnel », pour axer le club vers la compétition. Et les bons résultats semblent montrer que l’on ne s’est pas trompé. D’ailleurs, j’estime qu’un club est comme une petite entreprise, non pas dans le sens économique du terme, mais dans le sens où chacun a ses responsabilités au sein du club et les assume.
- Avec 5 montées successives, le club réussit vraiment sportivement. A quoi attribuez-vous cela ?
Daniel Domergue : C’est vrai que nous avons fait du chemin depuis 2003, date de la création du club et de nos débuts en 4ème série. De 25 joueurs aux premiers entraînements aux 90 licenciés la première année (dont 85 créations de licences), nous sommes aujourd’hui 250 (dont 90 seniors) et cela prouve la réussite du projet. On a su créer et structurer le rugby dans un coin où il était absent. De nombreux joueurs ont été séduits par cet état d’esprit de compétiteur mais je pense que notre réussite doit également beaucoup aux choix des éducateurs. Nous avons eu du nez et de la chance car nous avons eu à faire à des hommes motivés et conquérants à l’image du club. Tous sont originaux, avec leurs particularités mais surtout plein de projets, d’idées et d’envies. Je pense d’ailleurs que c’est l’entraîneur qui fédère, qui fidélise ses joueurs et qui donne envie de revenir ou non. Ce sont les éducateurs et les entraîneurs qui sont le « fonds de commerce » de la petite « entreprise » des Boucles.
- Que manque-t-il à votre club aujourd’hui ?
Daniel Domergue : Tellement de choses… Même si nous pouvons aujourd’hui nous entraîner au Parc du Tremblay, le club a longtemps manqué d’infrastructures. Nous étions des nomades squattant chez ceux qui voulaient bien nous accueillir. Nous les en remercions encore et particulièrement Neuilly-sur-Marne. Dès la création du club, nous avions le soutien moral des collectivités mais l’interdiction d’avoir un terrain. Nous avons positivé, car cette situation renforçait « l’intercommunalité » du club et nous avons su progressivement trouver des solutions.
Aussi, il nous faudrait une approche encore plus intelligente et plus engagée notamment pour stimuler les catégories cadets et juniors. L’emploi tremplin que nous mettons actuellement en place sera là pour aller chercher les jeunes et leur donner envie et les moyens de jouer au rugby.
Enfin, une autre priorité reste la nécessité d’avoir un club house. Nous en avons besoin pour structurer le club autour d’un lieu de vie commun car si nous disposons de plusieurs lieux actuellement, nous devons nous en approprier un pour renforcer l’identité du club et fédérer encore plus les joueurs. Je me rappelle que les premières années, notre seul lieu de rassemblement était le car qui nous emmenait au match le dimanche. C’est là que tout a commencé et que le noyau dur du club s’est formé.
- Enfin, qu’attendez-vous du CIFR ?
Daniel Domergue : Je veux croire que la période d’observation est terminée et que le temps de la réforme est arrivé. Il est temps d’agir sincèrement et je vois notamment cinq axes prioritaires. Déjà, il faut augmenter la notoriété de notre sport et de travailler à sa médiatisation locale. Le CIFR devrait investir dans la communication pour que le rugby francilien revive et que l’on ne trouve pas uniquement des informations Top 14 ou ProD2 dans « le Parisien » par exemple. J’aimerais lire les opinions, les avis de notre président dans les journaux, les infos locales (etc…).
L’autre grand chantier est pour moi l’allègement des tâches administratives. Il faut rapidement passer aux licences numériques car même l’armée et l’Education Nationale ne sont plus aussi archaïques dans leur organisation.
Le troisième point consiste à redynamiser les échanges entre les clubs et les acteurs du rugby. Il faut faciliter la communication entre tous et améliorer cette réactivité dans les échanges et dans les prises de décision. La délocalisation est certainement une des clés de la réussite de cet objectif.
En quatrième, la professionnalisation d’un point de vue sportif des comités territoriaux est bien, mais il faut la structurer aussi avec une professionnalisation et structuration de l’administratif. Notre développement rapide et rigoureux en dépend, et il y a tellement d’opportunité de contrat en alternance ou en apprentissage.
Enfin, j’aimerais aussi que le CIFR dégage plus de moyens pour développer les partenariats entre les clubs et l’Education Nationale. Les projets d’initiation ne manquent pas mais ils coûtent cher et pourtant c’est « là-bas » que nous recruterons le plus. J’en veux pour exemple notre partenariat avec le collège Jules Verne. Chaque semaine, près de 30 gamins de l’Association sportive du collège viennent au rugby mais ils ne disposent pas de moyens de transport. Nous investissons donc, nous petit club, près de 3 000€ par an, dans la location d’un bus pour aller chercher ces jeunes chaque semaine. Aidez nous, nous avons plein de projets…
Véritable référence en matière de formation, le RC Suresnes figure parmi les clubs les plus rayonnants d’Ile-de-France. Entretien et explications du phénomène avec son président, Michel Hillairaud.
- Tout d’abord, quelles sont pour vous les spécificités du club de Suresnes ?
Michel Hillairaud : Le club de Suresnes a depuis son origine été tourné vers les plus jeunes et la formation. C’est la politique du club et cela marche parfaitement quand on voit les 300 jeunes de notre école de rugby ou encore nos deux équipes cadet. L’équipe 1 du club joue elle en Fédérale 2 et je suis fier de dire que la moitié de nos joueurs sont issus de notre école de rugby.
- Comment expliquez-vous cette réussite ?
Michel Hillairaud : Nous avons des éducateurs de qualité c’est certain mais nous mettons aussi les moyens pour les avoir. Les stages de formation coûtent cher. Nous avons d’ailleurs la chance d’avoir le soutien de la municipalité qui met à notre disposition pas mal d’infrastructures et nous pouvons donc consacrer une partie de notre budget à la formation. Mais nous sommes aussi victimes de notre succès et nous sommes maintenant obligés de refuser des inscriptions car nous manquons de terrains et d’éducateurs…
- Y-a-t’il une méthode de formation particulière ?
Michel Hillairaud : Nous multiplions les réunions et les échanges avec nos éducateurs car je pense qu’une bonne communication est capitale pour bien travailler. D’ailleurs, avec les nouvelles technologies, nous n’avons plus aucune excuse pour ne pas se parler aujourd’hui. Mais sinon il n’y pas de recette magique ! L’état d’esprit et la bonne humeur font partie intégrante de la réussite d’un club. Ma devise a toujours été “la rigueur avec le sourire” et nous essayons de l’appliquer au quotidien. Certes, le rugby reste un sport d’engagement donc il demande du sérieux et une certaine application dans sa pratique mais il reste aussi et surtout un jeu. Nous venons tous au stade pour nous amuser, partager des bons moments entre copain et c’est ce qui primordial. Comme le rappelle le slogan, le rugby est une belle école de la vie car on y apprend des valeurs fondamentales de respect et de partage.
- Quelles sont les ambitions du RC Suresnes pour cette nouvelle saison ?
Michel Hillairaud : Au niveau des résultats, j’espère que notre école de rugby va continuer à être performante et j’ai aussi de solides espoirs avec notre équipe 1 engagée en Fédérale 2. Nous avons manqué l’accession d’une marche l’an passé en échouant en quart de finale du championnat de France donc je croise les doigts pour cette saison. Par ailleurs, le club souhaite faire de gros efforts pour les catégories cadets et juniors afin que ces jeunes puissent évoluer du mieux possible devant la difficulté de concilier études, rugby et autres loisirs. Sinon, en termes d’action, nous organisons le 26 octobre un tournoi qualificatif du Super challenge de France qui oppose les meilleures équipes minimes de l’Hexagone comme Toulouse, Brive ou Agen.
- Enfin, qu’attendez-vous du CIFR ?
Michel Hillairaud : Même si j’ai été joueur, éducateur et dirigeant, je reviens dans le milieu du rugby après une longue coupure donc je ne suis pas très au courant des difficultés d’aujourd’hui. Je sais juste qu’il est compliqué d’organiser un championnat junior digne de ce nom en Ile-de-France. Sinon, je vois que certains problèmes perdurent depuis longtemps comme la lourdeur des tâches administratives. Les allers-retours au comité pour faire valider les documents sont incessants mais c’est vrai que les torts sont souvent partagés… Ce qui est certain, c’est que les échanges entre les différentes instances du rugby semblent insuffisants. Les clubs doivent se faire entendre et je trouve par exemple inconcevable que chaque club ne daigne pas être représenté lors des assemblées des comités départementaux notamment.